A propos de la maieusthésie

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DÉFINITION ET ORIGINE DE LA MAIEUSTHÉSIE

INFLUENCES ET BASES DE LA MAIEUSTHÉSIE
       1. Une approche humaniste et intégrative
2. Les bases de la maieusthésie

ACCOMPAGNEMENT PSYCHOTHÉRAPEUTIQUE
       1. La localisation
2. La réhabilitation
3. La validation existentielle


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Psyché ranimée par le baiser de l’Amour. Par Antonio Canova, musée du Louvre.

DÉFINITION ET ORIGINE DE LA MAIEUSTHÉSIE

Le mot « maïeusthésie » définit d’une part une certaine approche de la communication, et d’autre part une façon innovante d’envisager et de mettre en œuvre l’accompagnement psychologique.

Thierry Tournebise (1951) en est le fondateur. Auteur de cinq ouvrages, il est praticien en psychothérapie depuis 1979 et formateur auprès de personnel soignant depuis 1988.

Le mot « maïeusthésie » est composé du grec maieutkê, « (art) d’accoucher quelqu’un » et de aisthanesthai (origine indo-européenne) « sentir, percevoir » (Ibid), qu’on retrouve dans « anesthésie » avec «an » privatif. Maïeusthésie désigne donc « l’art d’être sensible au processus d’accouchement, de naissance du Soi ».

Il s’agit d’une approche où priment l’humain et l’expérience vécue, libre de toutes écoles de pensée. La maïeusthésie est cependant théorisée avec une grande précision et est située clairement au sein des théories existantes en psychologie.

INFLUENCES ET BASES DE LA MAIEUSTHÉSIE

1. Une approche humaniste et intégrative

 

Pour le praticien en maïeusthésie, l’aide psychologique est abordée de façon humaniste et intégrative puisque tenant compte de nombreuses approches telles que :

• Psychanalyse (Karl Jung, Donald Wood Winnicott)
• Psychologie existentielle et humaniste (Karl Jaspers, Carl Rogers, Abraham Maslow, Rollo May)
• Focusing (Eugène Gendlin)
• Cognitivisme (Jerome Bruner)
• Psychocorporel (Gerda Boyesen)
• Gestalt thérapie (Fritz Perls, Laura Perls et Paul Goodman)
• Haptonomie (Franz Veldman)

Cependant, la maïeusthésie ne peut être assimilée à aucune de ces approches, et aucune de ces approches ne peut être assimilée à la maïeusthésie. Mais nous trouverons des zones de proximités car de nombreux praticiens ont pointé des éléments majeurs et il est naturel de trouver des passerelles entre leurs propos.

La maïeusthésie, dans sa dimension intégrative ne se situe aucunement « au-dessus » de ces approches. Elle reconnait à tous ces praticiens et à toutes ces théories la richesse de leurs apports, comme d’autres le feront sans doute à propos de la maïeusthésie.

2. Les bases de la maieusthésie

 

– Regard sur les symptômes

Le praticien en maïeusthésie considère un être en souffrance psychologique comme cherchant à intégrer une part de soi restée en suspens, séparée du reste de sa psyché. Un des rares à avoir énoncé une notion très voisine de cela est Abraham Maslow pour qui l’être humain cherche à devenir plus humain et souffre seulement de carences à ce niveau. Nous trouvons aussi Karl Jung pour qui l’individu tend vers la réalisation du Soi (être) qu’il différencie soigneusement du moi freudien (paraître).

Le plus souvent, le symptôme disparaît suite à la mise en œuvre de la maïeusthésie, aussi serait-on tenté de parler de  psychothérapie. Pourtant, en maïeusthésie, on ne considère jamais la disparition du symptôme comme une guérison, mais seulement comme l’accomplissement de ce qui était en gestation. Le symptôme, en maïeusthésie ne disparait pas parce qu’il est « guéri », mais par ce qu’il a cessé d’être nécessaire. Un accompagné, n’ayant plus son symptôme, n’est tout simplement plus en « gestation de lui-même » concernant cette part de Soi qui manifestait un besoin de « venir au monde ».

Bien que l’aide psychologique délivrée en maïeusthésie soit plus que signifiante, et que les symptômes y disparaissent (sans être simplement déplacés), celle-ci ne correspond pas vraiment à l’idée de psychothérapie. En effet, elle cherche plus à « mettre au monde » qu’à « guérir ». C’est sans doute un point qui la distingue particulièrement de  nombreuses autres approches.

– Constitution de la psyché

Pour le praticien en maïeusthésie, la psyché est considérée comme étant constituée de l’ensemble de trois éléments :

  • celui que l’on est actuellement
  • tous ceux que nous avons été depuis que nous existons (depuis notre conception jusqu’à ce jour)
  • tous ceux dont nous sommes issus depuis qu’ils existent (depuis leur conception jusqu’à ce jour, ou jusqu’à la fin de leur vie s’ils sont décédés)

Cela inclut donc le présent, le passé (récent et lointain, prénatal compris) et le transgénérationnel. Cette « venue au monde » mentionnée ci-dessus, concerne toujours une de ces parts de Soi.

ENTRETIEN D’ACCOMPAGNEMENT PSYCHOLOGIQUE

L’accompagnement se déroule en deux étapes distinctes. D’une part la « localisation » (ou plutôt l’identification) de la part de la psyché « demandant » réhabilitation, d’autre part la 
réhabilitation elle-même. Le tout, porté par l’idée de validation existentielle.

1. La localisation/identification

 

Cette localisation/identification se fait par l’énoncé, l’écoute et la précision des ressentis, que ceux-ci soient corporels, somatiques émotionnels ou psychiques. Partant de ces ressentis, de précisions en précisions, l’accès à la part de Soi en attente se révèle souvent assez rapidement au cours d’une première séance. Comme si l’on suivait une sorte de fil d’Ariane.

Le mot « localisation » est utilisé pour énoncer le phénomène selon un langage auquel nous sommes habitués : nous sommes habitués à raisonner en termes d’espace. Mais le mot « localisation » est accompagné de la nuance « identification ». En effet  en maïeusthésie, la structure psychique n’est considérée ni en termes d’espace, ni en termes de temps.

Il s’agit alors plus d’identifier une part de la psyché que de la localiser. En maïeusthésie, la psyché est considérée comme n’étant ni « topique » (topos=lieu) ni « chronique », ni « chronologique » (khronos=temps). Tout est là, en même temps, à chaque instant et on ne peut raisonner en termes de  distances temporelles ou de distances spatiales. Ce n’est pas le propos ici de détailler ces nuances mais elles se doivent d’être mentionnées car elles ont une grande importance.

 2. La réhabilitation

 

Celle-ci consiste en la restauration de l’état « communicant » entre Soi et cette part de la psyché. Il s’agit ainsi d’un contact qui s’ouvre entre « Soi » et « soi » permettant de retrouver une intégrité qui était jusque là en attente.

Cela est produit concrètement en orientant son attention vers cette part de Soi qui a été identifiée et en reconnaissant, avec sensibilité et délicatesse, le ressenti qui a été le sien (reconnaître et non enlever). Il se produit ainsi une ouverture du canal qui était fermé dans la psyché et il en résulte aussitôt un sentiment d’allègement, de réalité et de proximité intérieures. L’action imaginaire mise en œuvre ici dans la psyché ne peut être réduite à l’idée de visualisation ou de psychodrame mental. En effet, il s’agit surtout d’un nouveau positionnement existentiel (de l’être) …  plus précisément « une nouvelle attitude intérieure » entre Soi et soi.

Quand cette ouverture se produit, généralement le symptôme disparaît. Encore une fois, il importe de comprendre qu’il ne disparaît pas parce qu’il est guéri, mais parce qu’il a cessé d’être nécessaire. Son rôle était de permettre la « localisation » (identification) de la part de Soi à réhabiliter.

3. La validation existentielle

 

Ce point est majeur en maïeusthésie. Il marque une spécificité importante lors d’un entretien quand lors de l’émergence de la part de Soi localisée/identifiée, le praticien témoigne d’une certaine « réjouissance ». Cette notion correspond au fait d’être touché par une émergence de vie. Il ne s’agit naturellement pas ici d’une action mais d’un ressenti, d’une attitude, d’un état. L’état d’être touché par cette émergence chez la personne qu’il accompagne.

Le praticien en maïeusthésie marque ici particulièrement sa capacité à clairement différencier : d’une part la circonstance dramatique d’autrefois et d’autre part, l’être qui s’y trouvait. C’est cette émergence de celui qui a vécu la circonstance qui justifie la réjouissance du praticien. Cette notion de « réjouissance » n’est ni une simple façon de parler, ni un aspect accessoire de la maïeusthésie. Cela en est un fondement majeur.

Enfin, nous pointerons que face à un praticien qui est manifestement heureux de nous rencontrer, nous nous montrons volontiers. Et que face à quelqu’un qui semble affecté de nous rencontrer nous nous cachons spontanément. Nous trouvons là sans doute une des causes des « résistances » que marquent souvent les patients en psychothérapie. Quand cette dernière cherche à corriger ou à faire éliminer quelque chose de mauvais, plutôt qu’à réhabiliter ce qui est inestimable en eux.

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